La crise diplomatique continue de s’aggraver entre l’Algérie et la France. Au lendemain du délai fixé par le Premier ministre français pour réviser l’ensemble des accords liés à l’immigration entre les deux pays, l’Algérie a réagi, rejetant ce qu’elle qualifie d’ "ultimatum" et imputant la responsabilité de la dégradation de la relation bilatérale à la partie française.
L’Algérie a en outre mis en garde contre toute remise en cause de l’Accord franco-algérien de 1968.
Mercredi 26 février, le Premier ministre français François Bayrou a annoncé à l’issue d’un conseil interministériel consacré à l’immigration, que son gouvernement se donnait un délai "d’un mois, six semaines« pour réviser l’ensemble des accords avec l’Algérie liés à l’immigration. Faute de quoi, ces accords seront »remis en cause", a-t-il menacé.
Les deux principaux accords entre les deux pays en la matière sont l’accord de 1968 sur l’immigration et celui de 2007 portant exemption réciproque du visa pour les porteurs d’un passeport diplomatique.
Dans un communiqué rendu public ce jeudi 27 février, le ministère des Affaires étrangères a indiqué que "l’Algérie rejette catégoriquement les ultimatums et les menaces« . »De la même manière, ajoute la même source, elle appliquera une réciprocité stricte et immédiate à toutes les restrictions apportées aux mobilités entre l’Algérie et la France".
Évoquant spécifiquement l’accord de 1968, "qui a été au demeurant vidé de toute sa substance« , le MAE a mis en garde que sa remise en cause »sera suivie de la part de l’Algérie d’une même remise en cause des autres accords et protocoles de même nature, sans préjudice d’autres mesures que ses intérêts nationaux lui dicteraient d’adopter".
Dans son communiqué, la diplomatie algérienne a souligné que "dans la montée en cadence de l’escalade et des tensions que la partie française a imprimées à la relation entre l’Algérie et la France« , l’Algérie »n’a pris l’initiative d’aucune rupture et a laissé la partie française en assumer seule la responsabilité pleine et entière".
L’Algérie met en garde contre la remise en cause de l’accord de 1968
"L’Algérie s’est astreinte au calme, à la mesure et à la retenue« , ajoute le MAE. Ce faisant, poursuit le communiqué, l’Algérie »n’avait pour objectif que d’exercer ses droits et d’assumer ses devoirs vis-à-vis de ses ressortissants vivant en France".
"Le droit français, les conventions bilatérales, le droit européen et le droit international sont tous du côté de l’Algérie, notamment en matière de protection consulaire de ses ressortissants", assure le ministère des Affaires étrangères.
"Les manquements constatés aux obligations nationales et internationales sont le fait de la partie française« , appuie la diplomatie algérienne, citant »le recours abusif et arbitraire aux décisions administratives d’éloignement des ressortissants algériens, les privant de l’usage des voies de droit que leur garantit la législation française elle-même".
Se disant "attentive à sa position internationale« l’Algérie affirme rester »attachée au respect de l’intégralité du corpus juridique régissant les mobilités entre l’Algérie et la France, sans sélectivité et sans détournement de ses vocations, telles qu’elles ont été identifiées conjointement par l’Algérie et la France".
Le communiqué cite l’extrême-droite française comme étant la partie qui a poussé à cette situation.
"Ainsi, l’extrême-droite française revancharde et haineuse aura réussi son pari. La relation algéro-française qu’elle a prise en otage aura été mise au service de basses œuvres politiciennes indignes d’elle", conclut le MAE.