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Affaire Boualem Sansal : cafouillage en France

Affaire Boualem Sansal : cafouillage en France

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Boualem Sansal a-t-il fait appel de sa condamnation jeudi 27 mars par le tribunal de Dar el Beida (Alger) à cinq ans de prison ferme et 500.000 dinars d’amende pour notamment atteinte à l’unité nationale ?

Ce mercredi 2 avril, l’Agence France Presse a annoncé que François Zimeray, l’avocat de l’écrivain franco-algérien lui avoir déclaré qu’il a décidé de contester au nom de Boualem Sansal ce verdict devant la Cour d’Alger.

Une annonce qui a suscité des interrogations sur la possibilité pour l’auteur de « 2084, la fin du monde » de bénéficier d’une grâce présidentielle.

Lundi, lors d’un appel téléphonique, le président français Emmanuel Macron a demandé à son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune un geste de « clémence » et « d’humanité » à l’égard de Boualem Sansal.

« Le Président de la République (Emmanuel Macron, NDR) a réitéré sa confiance dans la clairvoyance du Président Tebboune et appelé à un geste de clémence et d’humanité à l’égard de M. Boualem Sansal, à raison de l’âge et de l’état de santé de l’écrivain », selon le communiqué commun publié à l’issue de cet entretien téléphonique.

Affaire Boualem Sansal peut-il bénéficier de la grâce s’il fait appel ? 

Trois jours après, l’affaire Sansal rebondit en France, avec un incroyable cafouillage, puisque le même François Zimeray a démenti auprès du Parisien avoir dit à l’AFP qu’il allait faire appel au nom de l’écrivain proche de l’extrême-droite. Il a dit au journal français qu’il n’a « aucune confirmation » sur la décision de Boualem Sansal de faire appel.

Un avocat algérien interrogé par TSA affirme que si l’écrivain fait appel, il ne pourra pas bénéficier d’une grâce présidentielle, rejoignant ainsi l’avis du recteur de la Grande mosquée de Paris qui est avocat honoraire.

Vendredi sur Sud Radio, Chems-Eddine Hafiz a expliqué le dilemme dans lequel se trouve l’écrivain franco-algérien. « S’il ne fait pas appel, c’est-à-dire, il reconnaît les faits, et pourrait bénéficier de la grâce. S’il fait appel, il ne pourra pas bénéficier de la grâce », a-t-il dit.

Interrogé par TSA ce mercredi sur la possibilité pour Sansal de bénéficier de la grâce même s’il faut appel, le recteur de la Grande mosquée de Paris a répondu : « Non, la décision pénale doit être définitive ».

Pour François Zimeray, une grâce présidentielle est possible même si Sansal décide de faire appel, en invoquant l’article 91 de la Constitution algérienne de 2020 qui dispose seulement que le président de la République « dispose du droit de grâce, du droit de remise ou de commutation de peine ».

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