Société

Affaire Boualem Sansal : les révélations du Bâtonnier d’Alger

Beaucoup de choses sont dites, notamment dans les médias français, à propos de la détention en Algérie de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal.

Le bâtonnier d’Alger, Mohamed Baghdadi, s’est exprimé sur le sujet dans un entretien publié dans l’édition de ce mardi 25 février du quotidien El Watan.

Me Baghdadi a apporté de nombreuses précisions à propos des informations des médias français relatives à la déconstitution du collectif de défense et de la décision de Boualem Sansal d’entamer une grève de la faim ou encore d’arrêter son traitement.

Je suis surpris par ces informations qui n’ont absolument rien à voir avec la réalité et qui sont véhiculées par certains médias dont on peut deviner les intentions”, résume l’avocat.

Le Bâtonnier d’Alger : Me Zimeray « n’est plus l’avocat » de Sansal

Le bâtonnier a confirmé que Boualem Sansal a pris la décision de déconstituer son collectif de défense, y compris son avocat français François Zimeray, mais a démenti le fait que l’avocat français ait été récusé parce qu’il est “juif”.

Le prévenu veut assurer lui-même sa défense et l’a fait savoir dans un courrier au juge d’instruction.

 “Ce qui me surprend, c’est que M. Zimeray continue de dire qu’il est toujours son avocat, alors que, officiellement, il y a cette lettre de déconstitution qui date d’une semaine”, indique le bâtonnier qui dit ignorer les raisons qui ont amené Sansal à prendre une telle décision.

Le bâtonnier d’Alger : « Boualem Sansal n’a pas entamé une grève de la faim »

Zimeray a prétendu que Sansal aurait reçu la visite d’une personne qui l’aurait obligé de le récuser car il est “juif”.

Maître Baghdadi trouve ces propos “surprenants” et assure que si c’était le cas, ses confrères désignés l’auraient informé. Ces avocats algériens c’est lui-même en tant que bâtonnier, qui les a proposés à Me Zimeray, à sa demande. Il assure qu’ils lui rendent compte régulièrement ainsi qu’à l’avocat français.

Si c’est le cas, j’aimerais bien savoir qui est cette personne et je ne manquerais pas de réagir après. Cependant, mes confrères ne me l’ont jamais confirmé”, a-t-il assuré.

S’agissant de la confession juive de l’avocat français, Me Baghdadi récuse qu’elle soit à l’origine de sa destitution.

J’ai des relations professionnelles soutenues avec beaucoup de confrères juifs avec lesquels je travaille régulièrement et qui viennent en Algérie, sans aucun problème. Je vais même suggérer un confrère qui est ton ami pour assurer la défense de M. Sansal. Il est juif et ce n’est vraiment pas un critère de bonne ou de mauvaise prestation. C’est un bon avocat et ça s’arrête là”, a assuré le bâtonnier d’Alger.

À propos de la grève de la faim de Boualem Sansal, Me Baghdadi a confirmé que le détenu avait effectivement fait allusion à une telle action, “mais étant sous traitement, ce serait préjudiciable pour sa santé. Je sais qu’il ne l’a pas fait”.

Interrogé si Boualem Sansal a arrêté son traitement, le bâtonnier d’Alger a répondu : “Ce que je sais c’est qu’il n’a pas arrêté son traitement”.

Le bâtonnier assure par ailleurs que tout ce qui se dit à propos des entorses à la procédure est infondé. “Selon les confrères constitués, en parlant de la procédure, je crois qu’elle a été respectée”, dit-il. L’avocat a toutefois refusé de se prononcer sur l’inculpation tant qu’il n’a pas tous les éléments du dossier.

Ceux qui parlent d’abus, je pense qu’ils doivent mesurer leurs propos. On ne peut dire qu’il y ait eu abus que si on connaît le dossier” qui est en instruction, explique le bâtonnier d’Alger.

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