L’offensive de l’extrême droite et de certains membres du gouvernement français sur l’Algérie ne fait pas l’unanimité en France. Plusieurs voix appellent, en effet, à l’apaisement, accusant les autorités françaises d’être à l’origine de la crise.
C’est le cas du président de la commission des Finances à l’Assemblée nationale et député de La France Insoumise (LFI) de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel, qui estime que « ce que fait la France vis-à-vis de l’Algérie est une faute historique ».
Intervenant, ce mercredi 26 février, sur le plateau de BFMTV, le parlementaire a commenté la politique française envers l’Algérie, notamment les récents développements, dont la réunion interministérielle prévue aujourd’hui pour examiner, entre autres, la question dite « algérienne ».
Ce que fait la France envers l’Algérie est « une bêtise rare et une faute historique »
Mardi soir, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé que des « mesures de restriction de circulation et d’accès au territoire national pour certains dignitaires algériens » avaient été prises, mais sans préciser depuis quand.
Mercredi, le chef de la diplomatie française a proposé que des restrictions de délivrance de visas se fassent à l’échelle européenne, pour notamment faire pression sur Alger. « Si un pays ne coopère pas avec les autorités françaises, je vais proposer que tous les pays européens en même temps puissent restreindre leur délivrance de visas », a-t-il déclaré sur France 2.
En fin de journée, le Premier ministre François Bayrou a menacé de dénoncer les accords migratoires entre les deux pays.
Suite à ces dernières évolutions de la politique officielle française envers notamment l’Algérie, le député Éric Coquerel estime que ce que fait la France actuellement vis-à-vis de l’Algérie est « une bêtise rare et une faute historique ».
Pour étayer ses propos, il explique d’emblée que les deux pays ont une histoire commune, « pas avec le même rôle évidemment ». Outre la proximité géographique, l’histoire de la France et de l’Algérie « est profondément liée ».
Pour le président de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, les intérêts historiques et économiques de la France, ainsi que ses intérêts en tant que nation, « c’est d’avoir de bonnes relations avec l’Algérie ».
« Qui est en train d’utiliser tous les sujets pour tendre la relation avec l’Algérie ? »
Mais actuellement, les relations entre les deux pays sont tout sauf bonnes, regrette-t-il. Selon lui, la France est, quelque part, la principale responsable dans la dégradation des relations avec l’Algérie. « Qui est en train d’utiliser tous les sujets pour tendre la relation avec l’Algérie ? », s’est-il demandé dans une question purement rhétorique.
Le parlementaire a rappelé que cette situation remonte à l’été dernier, lorsque la France a reconnu la marocanité du Sahara occidental, « alors que la question est entre les mains de l’ONU et qu’il y a tout un travail qui est fait dessus ».
Le président du Sénat français, Gérard Larcher, a également réitéré la position française, qui consiste à soutenir à un plan d’autonomie proposé par Rabat, lors d’une visite officielle effectuée mardi au Maroc, a encore rappelé l’intervenant.
Cependant, Éric Coquerel indique que ces démarches sont « vécues par Alger comme une provocation ». Il estime que la France ne devrait pas s’engager sur ce terrain. « Elle devrait faire attention. Elle ne doit pas ouvrir des cicatrices et ne doit pas agir en tant que puissance néocoloniale », a-t-il ajouté.
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