search-form-close
Algérie : l’allocation touristique de 750 € est-elle menacée ?

Algérie : l’allocation touristique de 750 € est-elle menacée ?

Par Guillermo / Adobe Stock
Des billets d’Euro

Avec la baisse des prix du pétrole, la nouvelle allocation touristique de 750 euros sera-t-elle appliquée en Algérie ? Interrogé par TSA ce samedi, le professeur d’économie Brahim Guendouzi répond à cette question, en ajoutant que l’année 2025 est une année charnière pour l’Algérie, et ce pour trois principales raisons.

Officiellement, le nouveau droit de change de 750 euros entre en vigueur « dans 15 jours », a annoncé fin mars le ministre des Finances Abdelkrim Bouzerd.

Nouvelle allocation touristique en Algérie : pourquoi le gouvernement va tenir sa promesse

Une première date a été avancée pour fin du mois de Ramadan ou au lendemain de l’Aïd-el-Adha, mais finalement l’application de cette allocation tant attendue par les Algériens a été repoussée vers la mi-avril.

Si rien ne permet de douter de la volonté du gouvernement de tenir sa promesse, des interrogations ont surgi après le plongeon des prix du pétrole depuis le 31 mars.

De 78,36 dollars le baril lundi dernier, le Brent a fait un plongeon spectaculaire en terminant vendredi à 65,58 dollars, leur plus bas niveau depuis 2021. Le baril de Brent a perdu ainsi près de 10 dollars de perte en quatre séances.

Avec la décision prise mercredi 3 avril par le président américain Donald Trump d’imposer des droits de douane supplémentaires à 180 pays, les inquiétudes sur un ralentissement de l’économie mondiale et un effondrement des prix du pétrole se sont accentuées.

Et sachant que les exportations algériennes sont constituées à 90% d’hydrocarbures, la nouvelle allocation touristique sera-t-elle maintenue ? TSA a posé cette question à Brahim Guendouzi, professeur d’économie à l’université de Tizi-Ouzou.

« La mesure touchant la revalorisation de l’allocation touristique portée à 750 euros pour les adultes et 300 euros pour les mineurs, va entrer en vigueur incessamment puisque le processus est en cours, conformément à l’engagement des pouvoirs publics », répond-t-il.

Pour cet économiste, la situation économique qui prévaut aujourd’hui sur la scène mondiale, avec la mise en œuvre de la nouvelle politique tarifaire de l’administration américaine, mais aussi la décision prise par les pays de l’OPEP+ d’augmenter l’offre de pétrole de 411 millions de barils jours à partir du mois de mai, « risque effectivement d’avoir des répercussions sur les cours mondiaux du pétrole, en termes de tendance baissière ».

Brahim Guendouzi affirme que le nouveau droit de change de 750 euros sera appliqué, pour au moins deux raisons. Il développe : « À très court terme, même si les prix du pétrole brut chutent, entraînant des effets sur le niveau des exportations globales de l’Algérie, l’allocation touristique telle qu’elle est prévue sera appliquée pour au moins deux raisons : la crédibilité des pouvoirs publics par rapport à cette mesure, d’une part, et la situation des réserves de change du pays qui reste pour le moment appréciable avec près de 70 milliards de dollars, d’autres part. »

Début février, le député Abdelkader Berriche a évalué le coût pour le budget de l’Etat de la nouvelle allocation touristique de 750 euros entre 5 et 7 milliards de dollars par an, sachant que l’Algérie prévoit une stabilité de ses réserves de change autour de 72 milliards de dollars durant les 3 prochaines années (2025, 2026 et 2027).

Et si le gouvernement maintient son engagement sur l’allocation touristique, il attendra la fin de l’année 2025 pour faire le bilan, selon lui.

2025, une année charnière pour l’Algérie : voici les raisons

« Ce sera vers la fin de l’année 2025, année charnière pour diverses raisons, qu’une évaluation sera faite pour procéder à des ajustements stratégiques tant par rapport à l’évolution de la conjoncture économique mondiale (inflation, guerre commerciale, risque de récession, chute brutale des cours du pétrole, évolution géopolitique) que des variables d’équilibre caractérisant l’économie nationale », explique Brahim Guendouzi.

L’économiste ajoute que 2025 est une année charnière pour l’Algérie et ce pour trois principales raisons, selon cet économiste. D’abord, « l’issue des stratégies de rupture pratiquées dans des conflits à travers le monde et qui peuvent avoir des répercussions directement ou indirectement sur l’Algérie et son économie ».

Brahim Guendouzi cite ensuite le « conflit russo-ukrainien  et son corollaire sur l’approvisionnement en énergie (gaz naturel). Le conflit au Moyen-Orient et ce qui se passe à Gaza et en Syrie, source de déstabilisation de cette région et donc des effets sur l’offre en pétrole dans le monde ».

Troisièmement, ajoute l’économie, la « nouvelle politique tarifaire de Trump qui fait des vagues, et que les ripostes des pays concernés risquent d’aggraver la crise du commerce multilatéral à cause des politiques de réciprocité qui seront mises en œuvre. En définitif, c’est toute la géopolitique mondiale qui est en ébullition ! ».

  • Les derniers articles

close