Les présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron ont décidé, lundi 31 mars, de mettre fin à la crise diplomatique inédite entre les deux pays.
À l’issue d’un long appel téléphonique, les deux chefs d’État ont mis en place les grandes lignes de la feuille de route pour une relance des relations bilatérales, en panne depuis au moins huit mois.
Plusieurs secteurs sont concernés par cette relance : la mémoire, l’immigration, la justice, le renseignement, l’économie… La visite à Alger du ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, prévue le 6 avril prochain, devrait permettre de compléter la feuille de route et de définir des axes précis de relance.
Au lendemain de son entretien téléphonique avec son homologue algérien, le président français a réuni ce mardi plusieurs ministres directement concernés par la relance des relations avec l’Algérie, dont Bruno Retailleau (Intérieur), Gérald Darmanin (Justice), Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères), Eric Lombard (Économie) et Rachida Dati (Culture), rapportent plusieurs médias français.
France – Algérie : Macron va-t-il imposer sa ligne à Retailleau ?
Pour l’instant, rien n’a filtré sur cette réunion au sommet de l’État français. Si des visites en Algérie de Jean-Noël Barrot et Gérald Darmanin ont été évoquées dans le communiqué commun des présidences algérienne et française, rien n’a été annoncé concernant les autres ministres.
Mais on sait d’ores et déjà que deux d’entre eux ne seraient pas les bienvenus à Alger : Bruno Retailleau et Rachida Dati. Le premier pour sa campagne hostile à l’Algérie et la seconde pour sa grande proximité avec le Maroc et sa récente visite dans les territoires occupés du Sahara occidental.
Le dossier de l’immigration et des expulsions des Algériens sous OQTF devrait logiquement être géré par un autre ministre, probablement Jean-Noël Barrot, qui s’était distingué par une position modérée lors de la crise entre Paris et Alger.
Même s’il a réduit ses attaques contre l’Algérie ces derniers jours, le ministre français de l’Intérieur ne semble pas avoir abandonné sa ligne. Bien au contraire, d’autant qu’il a essuyé des critiques à droite et à gauche, notamment de son principal adversaire à la course à la présidence du parti Les Républicains (LR).
Dans une déclaration à l’agence AFP, son entourage estime que si le relance de la relation entre Paris et Alger devait aboutir à une reprise des expulsions des Algériens sous OQTF, ce serait à mettre au crédit de la « riposte graduée » et du « rapport de force » prônés par Bruno Retailleau.
Tout dépendra désormais de la capacité d’Emmanuel Macron à imposer une ligne de conduite à son ministre de l’Intérieur dans le dossier algérien.