Politique

France – Algérie : un soutien de Retailleau appelle à extrader Abdeslam Bouchouareb

L’amorce d’une réconciliation entre la France et l’Algérie va-t-elle permettre l’extradition de ressortissants algériens condamnés en Algérie, notamment pour des faits de corruption ? Le cas Abdeslam Bouchouareb, ancien ministre de l’Industrie sous Bouteflika, illustre les tensions entre les deux pays sur ce sujet.

Pour la justice et l’opinion publique algériennes, l’homme est impliqué dans plusieurs affaires de corruption et de détournements de fonds publics sous l’ère Bouteflika. Ministre de l’Industrie entre 2014 et 2019, Abdeslam Bouchouareb a été condamné cinq fois à une peine de 20 ans de prison dans des affaires de corruption distinctes en Algérie où il est poursuivi dans un sixième dossier pour les mêmes faits. 

La justice française refuse d’extrader Bouchouareb

En 2019, en plein Hirak, il avait fui le pays pour se réfugier en France. Son nom est apparu dans de nombreux dossiers de corruption instruits par la justice algérienne. Il a été condamné par contumace. L’Algérie a introduit six demandes d’extradition auprès de la justice française. En vain. Le 19 mars dernier, la justice française a opposé un nouveau refus

Un refus dénoncé par le ministère algérien des Affaires étrangères. Dans un communiqué publié le 20 mars, Alger a souligné « l’absence totale de coopération entre le gouvernement français et la partie algérienne en matière d’entraide judiciaire, malgré l’existence de nombreux accords internationaux et bilatéraux dans ce domaine ».

“C’est à l’Algérie de décider ce qu’elle fait de son ressortissant”

Ce refus suscite également des critiques en France. David Lisnard, maire Les Républicains de Cannes et soutien de Bruno Retailleau dans la course à la présidence des LR, s’est prononcé ce mercredi 2 avril en faveur de l’extradition de l’ancien ministre algérien.

“Je pense qu’il y a un geste à faire envers l’Algérie. C’est sur Abdeslam Bouchouareb. Il a été condamné à plusieurs reprises par contumace parce qu’il était absent en Algérie. Qu’on accorde à l’Algérie le fait de le récupérer”, a-t-il dit dans un entretien à la radio RMC. 

“Je ne suis ni pour ni contre lui, je ne le connais pas. Il est Algérien, il doit être extradé. Et c’est à l’Algérie de décider ce qu’elle fait de son ressortissant”, a-t-il ajouté.

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