Un père de famille d’origine algérienne a comparu jeudi 3 avril devant le tribunal de Brest, en France, pour répondre à des accusations de violences contre sa fille de 13 ans. Lors du procès, il a affirmé avoir regretté son geste mais il a tout de même été condamné.
L’affaire remonte au 30 janvier dernier, lorsque la mère de l’adolescente a sollicité des policiers pour des violences faites sur sa fille par son père. Elle a fait savoir aux policiers, qui se sont rendus dans le domicile familial, que la fille a été victime de coups de poing et qu’une tisane chaude lui aurait été jetée au visage.
Le père de famille, âgé de 39 ans, a agi ainsi après qu’il a découvert le compte de sa fille sur les réseaux sociaux où elle échange notamment avec un garçon de son âge, ce qui l’a mis en colère contre elle, rapporte le journal local Le Télégramme.
« Je vais te tuer ou t’envoyer dans un hôpital psychiatrique »
En plus des violences physiques, il l’aurait également insultée et même menacée : « Je vais te tuer ou t’envoyer dans un hôpital psychiatrique ». Traumatisée, la fille a obtenu un jour d’incapacité de travail après consultation d’un médecin.
Le ressortissant algérien, père de trois filles, a été placé sous contrôle judiciaire et interdit de tout contact avec sa famille. Jeudi 3 avril, il a comparu devant la chambre correctionnelle du tribunal de Brest, en présence de sa fille et de son épouse.
Interrogé à la barre par le juge, le mis en cause a affirmé qu’il regrette d’avoir violenté sa fille. « J’ai honte. Je suis choqué de moi-même », a-t-il déclaré. Mais ces regrets ne semblent pas avoir convaincu le magistrat, qui s’est dit « intrigué » par les insultes qu’il a proférées à l’égard de sa fille.
Pour défendre son client, l’avocat de la défense a abordé l’enfance difficile du prévenu lorsqu’il était en Algérie, soulignant que ses parents l’avaient abandonné et qu’il avait connu la plus grande pauvreté.
« J’ai pris conscience de mon trésor et j’ai peur de le perdre »
L’avocat explique aussi que son client a beaucoup changé depuis le début de l’affaire. « Au début de l’enquête, il y avait d’abord un monstre froid, pétri de certitudes. Puis l’armure s’est fêlée et ce n’est plus le même aujourd’hui », a-t-il affirmé. Ce changement est dû à un suivi psychologique, dans l’espoir de retrouver sa famille.
En écoutant sa femme dire : « Ça me rend triste de le voir ainsi », l’accusé a fendu en larmes, en déclarant : « J’ai pris conscience de mon trésor et j’ai peur de le perdre ». Et à l’adresse de sa fille, il ajoute : « Je n’ai pas été à la hauteur ».
Malgré ces débats émouvants, l’accusé, qui n’avait pas de casier judiciaire, a été condamné à une peine de prison de six mois assortis d’un sursis simple avec le maintien d’une interdiction de contact avec sa famille.