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France : une brillante médecin algérienne crie à l’injustice

France : une brillante médecin algérienne crie à l’injustice

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Les médecins diplômés en Algérie qui choisissent de faire carrière en France passent souvent par le statut de praticiens à diplôme hors Union européenne (padhue) avant de tenter les épreuves de vérification des connaissances (EVC) pour obtenir une équivalence.

Mais même en réussissant ces épreuves, ce qui n’est pas chose facile vu la charge de travail qui incombe sur les padhue, ces derniers se retrouvent encore face à un long parcours de consolidation qui dure au moins deux ans.

Un parcours brillant qui débouche sur une sanction

Nora est une médecin algérienne qui a décroché son diplôme en médecine en Algérie, avant de s’installer en France où elle a exercé en tant que padhue à partir de 2017. Au gré d’énormes efforts et sacrifices, elle réussit ses EVC avec l’honorable note de 15.49/20, explique le média français Actu.fr.

Cette médecin algérienne a fini ce concours à la 7eme place parmi 564 candidats, ce qui témoigne de la solidité de ses compétences médicales. Elle a fini attachée aux urgences de Pontoise, près de Paris, et ce, après avoir passé par Creil, Argenteuil, puis Reims.

Malgré son brillant parcours, cette médecin urgentiste algérienne se retrouve suspendue depuis le 28 décembre 2023. La cause ? Elle est l’objet d’une mesure disciplinaire après la plainte d’un patient qui l’accuse de faute médicale.

Ce patient, âgé de 54 ans, s’est d’abord présenté aux urgences de l’hôpital avec des douleurs aux jambes. L’urgentiste algérienne a conclu qu’il s’agissait d’une sciatique et permis à cet homme de sortir tout en lui prescrivant d’autres examens.

Une médecin algérienne attaque son hôpital en justice

Le lendemain, le patient est allé aux urgences d’Argenteuil où on lui a diagnostiqué une « embolie pulmonaire grave ». Il n’en fallait pas plus pour qu’il porte plainte contre l’hôpital de Pontoise, qui a décidé à son tour de suspendre la médecin algérienne.

Cette dernière ne se laisse pas faire et porte l’affaire devant la justice. L’audience en référé de cette affaire s’est tenue ce mardi 25 février 2025 au tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), dévoile Actu.fr. La décision sera rendue le 3 mars prochain.

L’avocat de cette Algérienne note que « s’il y a faute, elle ne repose pas sur elle ». Nora assure de son côté, à la sortie de l’audience, qu’elle est prête à en discuter avec un médecin extérieur à l’établissement, donc impartial, pour aborder des diagnostics différentiels et des prises en charge ».

Mais la décision de sa suspension n’est pas motivée seulement par sa prétendue faute médicale, estime cette urgentiste algérienne qui parle aussi de « harcèlement et de racisme » qu’elle aurait subi au sein de l’hôpital.

« Je suis le seul médecin mis à l’écart »

Nora explique qu’elle ne pouvait même pas changer d’établissement vu que son statut lui interdit cela durant le parcours de consolidation, ce qui l’avait obligé « à subir des cadres comme ceux qu’elle a côtoyés au Novo (hôpital de Pontoise) ».

« Je suis le seul médecin mis à l’écart, contrairement à des collègues, je n’ai pas pu valider mes stages. On a refusé de signer une attestation et mes évaluations semestrielles », assure Nora qui a passé 16 mois aux urgences alors qu’elle aurait dû poursuivre son parcours de consolidation en passant 6 mois en médecine générale, 3 mois en gynécologie et 3 mois en pédiatrie.

Son avocat trouve cette situation « pas normale ». Il dénonce une « discrimination », ou du moins une ambiance toxique au sein de cet établissement.

« La plupart des praticiens étrangers préfèrent faire profil bas plutôt que de ruer dans les brancards au risque d’empêcher de valider leurs compétences », a-t-il conclu.

« Quatorze mois d’affilée sans congés »

Nora a pourtant beaucoup donné à cet hôpital : 2 250 heures de service, 75 gardes de nuits, 45 demi-gardes et 500 heures de temps additionnel, a-t-elle listé.

« Quatorze mois d’affilée sans congés, c’est délirant », ajoute son avocat qui dénonce le fait que des padhue soient «  livrés à eux-mêmes, alors qu’ils ont besoin d’un encadrement assuré par des médecins titulaires ».

De son côté, l’avocat de l’hôpital Novo n’a pas voulu s’exprimer à la sortie d’audience. Il accuse la médecin algérienne d’avoir refusé « de consulter les avis médicaux, ce qui a conduit à la sanction » et assure que d’autres erreurs médicales auraient été « remontées à la chef de service ».

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