Une grosse affaire de trafic de titres de séjours, impliquant une employée de préfecture et des ressortissants marocains, vient d’éclater en France. La fonctionnaire suspectée aurait empoché près d’un demi-million d’euros en contrepartie de la délivrance de permis de séjour.
Les papiers délivrés frauduleusement par l’employée de la préfecture de Béziers, dans l’Hérault, sont destinés à des trafiquants de drogue, essentiellement des Marocains, pour leur permettre de circuler facilement à travers l’Europe et de livrer leur marchandise.
Une employée de préfecture a délivré frauduleusement plus de 40 titres de séjour
Les débuts de l’affaire remontent à 2022, lorsque les autorités marocaines ont alerté la police française des déplacements suspects d’un ressortissant français entre le Maroc et la Haute-Garonne, rapporte le journal franais La Dépêche ce mercredi 2 avril.
Au cours d’une enquête menée par l’Office antistupéfiants (OFAST) de Toulouse, les policiers ont identifié un baron de drogue ainsi que plusieurs collaborateurs installés en France. En parallèle, un trafic de faux documents d’identité a été découvert par la police judiciaire de Toulouse.
L’affaire a été confiée aux unités de l’office de lutte contre le trafic illicite de migrants (OLTIM) de Toulouse, qui a identifié une organisation très bien rodée. Au cœur de ce réseau, une femme d’une trentaine d’années, fonctionnaire à la préfecture, rapprochée par le réseau criminel via un proche.
Selon le même journal, elle est soupçonnée d’avoir outrepassé ses droits pour éditer des titres de séjour, pour ensuite les revendre à des ressortissants marocains, dont une majorité semble liée au narcotrafic.
La fonctionnaire aurait empoché de ce trafic près de 500.000 euros
Les titres de séjour qu’elle avait délivrés, bien qu’ils soient authentiques, sont considérés comme des faux, car leur délivrance a été obtenue de manière frauduleuse. Les investigations en cours tentent de déterminer si elle a agi sous la menace ou simplement pour gagner une grosse somme d’argent.
Les premiers éléments de l’enquête indiquent qu’environ quarante titres de séjour auraient été délivrés par cette employée et vendus en moyenne 15.000 euros pièce. Si ces chiffres sont exacts, elle aurait perçu près de 500.000 euros de ce trafic de documents.
L’un de ses supérieurs à la préfecture de Béziers, chargé de superviser les démarches administratives, a également été interpelé, soupçonné au moins de négligence, voire de complicité active.
Les interrogatoires au niveau des unités de l’office de lutte contre le trafic illicite de migrants devraient se poursuivre jusqu’au milieu de la semaine en cours. Le parquet de Béziers devrait à son tour apporter plus de détails, à l’issue des présentations.