Alors que la crise entre Alger et Paris bat son plein, la France autorise l’entrée sur son territoire de plusieurs imams algériens en prévision du Ramadan.
L’information a été révélée hier mardi par le journal français Marianne, avant d’être confirmée par le gouvernement. Il s’agit de récitateurs de Coran étrangers, dont des algériens, à qui la France accorde des visas chaque année pour soutenir les fidèles dans leurs prières ramadanesques.
L’extrême droite s’en prend à Bruno Retailleau
Malgré le caractère annuel de cette démarche, il n’en fallait pas plus pour l’extrême droite française pour crier au scandale. Plusieurs représentants de ce courant politique se sont attaqués au ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau.
Le ministre, lui-même issu de la droite dure, a, pour rappel, alimenté la crise diplomatique avec l’Algérie, notamment après l’affaire de l’expulsion ratée d’un ressortissant algérien renvoyé par l’Algérie et acquitté ensuite par le tribunal administratif.
Retailleau a également promis de durcir davantage sa politique migratoire et d’opérer « un rapport de force » avec l’Algérie qu’il accuse d’avoir refusé de reprendre l’un de ses ressortissant sous OQTF qui a tué une personne et blessé sept autres dans une attaque au couteau ce 22 février à Mulhouse.
Imams algériens en France : l’offensive de l’extrême droite
Jean-Philippe Tanguy, député du parti L’Avenir Français (d’extrême droite), a accusé le ministre de « mentir » et de ne pas avoir honoré ses « promesses mille fois faites aux français » en autorisant l’entrée en France des imams algériens qui viennent, selon lui, « faire leur ingérence ».
Dimanche, au 20H de TF1, @BrunoRetailleau annonçait qu’il fallait durcir nos relations en Algérie…
Mensonge !
En parallèle, B. Retailleau autorise encore les imams algériens à venir faire leur ingérence, au mépris des promesses mille fois faites aux Français de les refuser ! pic.twitter.com/gnZ2Oz05NC
— Jean-Philippe Tanguy Ⓜ️ (@JphTanguy) February 25, 2025
De son côté, Laurent Jacobelli, porte-parole du RN et député de Moselle, a estimé que Retailleau, vu son impuissance « à expulser les influenceurs algériens, préfère importer leurs imams ». Le parlementaire a même reproché au ministre « d’agir et de parler en macroniste ».
Éric Ciotti, député et fondateur du parti d’extrême droite l’Union des droites pour la République va encore plus loin et appelle le ministre de l’Intérieur à « agir ou à démissionner ».
Attaqué par ses propres soutiens, le ministre a répondu par un tweet posté sur le réseau social X.
Retailleau : « Pas besoin d’être un mauvais croyant pour être un bon français »
Le ministre a assuré que « la venue de ces Imams est strictement encadrée depuis des décennies » et qu’ils ne vont pas de toute manière s’éterniser dans l’Hexagone. « Ils viennent en France le temps du Ramadan et repartent ensuite », a-t-il souligné.
Retailleau réitère ensuite son engagement à « faire la chasse aux islamistes » tout en assurant que sa mission consiste aussi à « renforcer le sentiment d’appartenance à notre communauté nationale chez nos compatriotes musulmans ».
La fermeté migratoire, ce n’est pas dire et faire n’importe quoi. La venue de ces Imams est strictement encadrée depuis des décennies, ils viennent en France le temps du Ramadan et repartent ensuite.
Ma politique, c’est d’une part de faire la chasse aux islamistes, et d’autre… https://t.co/M34SiTxqnW— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) February 25, 2025
Le responsable n’a pas manqué d’expliquer qu’il ne souhaite pas « entraver la liberté de culte » des « nombreux patriotes musulmans sincères », ce qui reviendrait, d’après lui, « à donner raison aux extrémistes ».
« La fermeté migratoire, ce n’est pas dire et faire n’importe quoi », souligne Retailleau qui conclut en assurant qu’en France, il n’est pas nécessaire « d’être un mauvais croyant pour être un bon français ».