L’accord franco-algérien de 1968 risque sérieusement d’être remis en question par le gouvernement français. Emmanuel Macron regarde actuellement les moyens lui permettant de modifier ce traité, rapporte le journal L’Opinion ce mardi 25 février.
Les offensives menées par l’extrême droite et le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, sur l’accord de 1968 se multiplient, dans un contexte d’aggravation de la crise diplomatique entre les deux pays.
Mais jusque-là, le président français ne s’est jamais prononcé à propos d’une éventuelle remise en question de cet accord.
Emmanuel Macron ne s’est pas prononcé sur la crise avec l’Algérie depuis le 6 janvier, lorsqu’il a estimé que l’Algérie se « déshonore » en maintenant en détention l’écrivain Boualem Sansal.
Accord franco-algérien de 1968 : Macron a-t-il changé de position ?
Au sein du gouvernement français, c’est Bruno Retailleau qui ne cesse de réclamer la remise en question de ce traité franco-algérien, pour faire pression sur Alger, à chaque évolution de la situation dans les relations entre les deux pays.
Pourtant, ce dernier n’a aucunement les prérogatives de déclencher une procédure pouvant remettre l’accord sur la table. D’ailleurs, il n’a même pas de prérogatives pour engager le « rapport de force » avec l’Algérie, qu’il a réitéré à nouveau au lendemain du drame de Mulhouse où un Algérien sous OQTF a poignardé mortellement un homme, samedi 22 février.
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot lui a même répondu qu’il n’était pas intéressé par le rapport de force qui, selon lui, « ne marche pas ». Le 20 janvier dernier, le chef de la diplomatie française a indiqué que « c’est au Quai d’Orsay, sous l’autorité du président de la République, que se forge la politique étrangère de la France ».
Si jusque-là Bruno Retailleau agissait en solo au sein du gouvernement français, concernant notamment l’accord franco-algérien et le rapport de force avec Alger, cette fois-ci, c’est le Quai d’Orsay qui compte intervenir.
Le président français a-t-il cédé à la pression sur les relations avec l’Algérie ?
Selon des informations rapportées par le journal L’Opinion ce mardi 25 février, Emmanuel Macron regarde s’il faut modifier le traité et/ou prendre d’autres mesures de durcissement, marquant ainsi une évolution notable de sa position sur la crise avec l’Algérie.
Jusqu’à présent, le chef de l’État français a refusé toute remise en question de ce traité. Fin août 2023, il avait répondu à une question à propos d’une éventuelle révision de ce traité d’une manière quelque peu négative.
« On dit tout et son contraire à ce sujet. Je ne suis guidé à ce propos que par un principe d’efficacité », a-t-il dit. Et pour lui, l’efficacité se trouve ailleurs que dans cet accord.
Mais à la lumière des récentes évolutions, dont l’affaire de l’écrivain Boualem Sansal et l’attentat de Mulhouse, dont l’auteur présumé est un algérien sous OQTF, la pression monte d’un cran sur Macron en France pour se prononcer, notamment sur l’accord de 1968.