Politique

OQTF vers l’Algérie : voici les profils qui posent problème

Au cœur des tensions entre Paris et Alger, les expulsions des Algériens sous OQTF ne sont pas totalement à l’arrêt. Mais selon le secrétaire général du syndicat des commissaires de police française, l’Algérie refuse toujours de recevoir certains profils de ses ressortissants.

Le conseil interministériel de contrôle de l’immigration s’est réuni mercredi 26 février pour examiner la stratégie permettant à la France de mieux contrôler l’immigration. La question des expulsions des Algériens sous OQTF a été le sujet central de la réunion du gouvernement Bayrou. À l’issue de la réunion, le Premier ministre français a menacé de dénoncer les accords migratoires entre les deux pays, dont celui de 1968.

La question des expulsions des ressortissants algériens en situation irrégulière et faisant l’objet de mesure d’éloignement a été relancée par l’attentat de Mulhouse, perpétrée par un ressortissant algérien sous OQTF. Selon la version du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, l’Algérie aurait refusé de le recevoir à dix reprises.

Voici les profils auxquels l’Algérie refuserait de délivrer des laissez-passer

L’affaire de la délivrance des laissez-passer consulaires par l’Algérie est relancée. Mais les expulsions vers l’Algérie sont-elles réellement bloquées ?

Selon le gouvernement français, les éloignements des ressortissants algériens faisant l’objet d’obligations de quitter le territoire français ne sont pas à l’arrêt. En 2024, on dénombre en effet 2.500 mesures d’expulsions exécutées vers l’Algérie. En 2023, ce chiffre était de 2562, faisant de l’Algérie le premier pays en termes d’expulsions, loin devant le Maroc (1104) et la Tunisie (887). 

Toutefois, il y a certains profils de ressortissants algériens que l’Algérie refuserait d’accueillir sur son territoire. C’est en tout cas ce qu’a révélé Frédéric Lauze, secrétaire général du syndicat des commissaires de police, au micro de RMC.

Selon lui, « l’Algérie n’a pas envie de récupérer des personnes avec un lourd passé judiciaire, avec des problèmes psychiatriques ou connues pour des faits de terrorisme ». Pour ces profils, l’Algérie ne donne quasiment jamais de suite, précise-t-on du côté des autorités françaises.

Les cas des binationaux déchus de leur nationalité française

À ces profils s’ajoutent aussi les binationaux Franco-Algériens, déchus de leur nationalité française pour divers crimes, notamment pour terrorisme, à qui l’Algérie ne souhaiterait également pas délivrer des laissez-passer consulaires permettant d’exécuter leurs expulsions.

En réalité, l’Algérie considère la déchéance de nationalité comme une solution de facilité utilisée par la France pour se débarrasser de personnes dangereuses ou radicalisées en les renvoyant dans les pays de leurs parents. Or, dans la majorité des cas, en plus d’être violentes, ces personnes n’ont aucune attache en Algérie et ne parlent même pas la langue du pays. Ce qui rend leur insertion encore plus difficile. 

Ces personnes se sont radicalisées ou sont devenues violentes en France et l’Algérie ne doit pas être tenue responsable de leur situation du simple fait qu’elles ont la double nationalité.

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