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Sahara occidental : Paris applique-t-elle son « en même temps » ?

Sahara occidental : Paris applique-t-elle son « en même temps » ?

Sahara occidental - France / Par Oleksii / Adobe Stock pour TSA

Effet du rapprochement annoncé entre Alger et Paris ? Au lendemain de l’appel téléphonique entre les présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron qui a acté la reprise du dialogue entre les deux pays lundi 31 mars, le chef de la diplomatie française a évoqué la question du Sahara occidental, à l’origine de la brouille sans précédent entre la France et l’Algérie qui aura duré 8 mois.

Jean-Noël Barrot, qui attendu dimanche 6 avril à Alger pour lancer la feuille de route de sortie de crise entre les deux pays, a apporté une petite nuance à la nouvelle position adoptée par la France fin juillet dernier.

Sahara occidental : la France reste attachée à une solution onusienne

Le 30 juillet, le président Emmanuel avait informé le roi Mohammed VI de la décision de la France de reconnaître la « souveraineté marocaine » sur le Sahara occidental et de considérer le plan d’autonomie présenté par le Maroc en 2007 comme seule base pour parvenir à un règlement de ce conflit entre le Front Polisario et le Royaume et qui dure depuis 1975.

Cet alignement total de Paris sur les thèses marocaines a provoqué une ferme réaction de l’Algérie qui a procédé au retrait avec effet immédiat de son ambassadeur à Paris. Plus de huit après, le poste est toujours vacant.

D’autres éléments, comme l’emprisonnement de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, l’affaire des OQTF et les attaques de l’extrême-droite sont venus compliquer davantage la brouille.

Le 31 mars, les présidents Tebboune et Macron ont discuté au téléphone pour la première fois depuis plusieurs mois et sont convenus d’amorcer un processus de sortie de crise.

Après cette annonce, le ministre français des Affaires étrangères est interrogé mercredi 2 avril à l’Assemblée nationale précisément sur la position de la France vis-à-vis du dossier sahraoui, à la lumière des nouveaux développements de la relation avec l’Algérie. Dans sa réponse, Jean-Noël Barrot n’a pas fait état d’un revirement de la France concernant la « souveraineté marocaine » ou le plan d’autonomie.

Sahara occidental : les propos nuancés du chef de la diplomatie française 

"Il y a quelques mois, a-t-il dit, nous avons exprimé notre vision du présent et de l’avenir du Sahara occidental qui s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine, en conséquence directe du plan d’autonomie marocain. »

« Ce que nous avons dit vraiment, c’est qu’il n’y a pas aujourd’hui d’autre solution réaliste et crédible », a-t-il ajouté. La suite de la réponse de Barrot peut s’apparenter à la politique du « en même temps » chère au président Emmanuel Macron. D’un côté, il soutient la marocanité du Sahara occidental, et de l’autre, il appuie une solution onusienne à ce conflit, alors que l’ONU considère ce territoire comme non autonome dont l’avenir doit être tranché via un référendum d’autodétermination.

« Mais ceci, a nuancé le chef de la diplomatie française, doit désormais trouver une solution politique durable et mutuellement acceptable aux Nations-Unies et nous soutenons les efforts onusiens en vue de ce dialogue. »

La France, membre permanent du Conseil de sécurité, a toujours soutenu le Maroc dans le dossier sahraoui, mais aussi les efforts de l’ONU pour parvenir à une solution conformément aux résolutions du Conseil de sécurité.

La position exprimée par son chef de la diplomatie, quelque peu diluée par rapport à l’engagement sans équivoque d’Emmanuel Macron fin juillet dernier, rentre dans les efforts en cours de la France pour lever les équivoques avec l’Algérie.

Tebboune : l’amitié franco-marocaine  « ne dérange pas du tout l’Algérie »

Interrogé le 22 mars dernier lors d’une entrevue avec des représentants de médias nationaux, le président Tebboune a assuré que l’amitié entre la France et le Maroc « ne dérange pas du tout » l’Algérie, « contrairement à ce qu’on dit ».

Néanmoins, il a estimé que les visites « ostentatoires » de responsables français, comme la ministre de la Culture Rachida Dati ou le président du Sénat Gérard Larcher, au Sahara occidental, enfreignent la légalité internationale "alors que la France est membre du Conseil de sécurité et que le dossier est toujours entre les mains de l’ONU« .

Reste à savoir si les propos de Barrot, qui cadrent bien avec la politique du « en même temps » de Macron, ne seront pas mal accueillis à Rabat. Le ministre français a annoncé qu’il aura l’occasion d’en parler « dans quelques jours » avec son homologue marocain Nasser Bourita.

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